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Tableaux des maladies professionnelles

Régime agricole tableau 46

Atteintes auditives provoquées par les bruits lésionnels

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Tableau et commentaires

Description clinique de la maladie indemnisable (août 2011)

Hypoacousie de perception

Définition de la maladie

L'hypoacousie de perception se définit comme l'abaissement permanent du seuil auditif, par lésion irréversible des cellules de la cochlée au niveau de l'oreille interne.

Cette hypoacousie peut s'accompagner, ou non, de bourdonnements ou sifflements (acouphènes) des oreilles. Ces acouphènes sont habituellement continus et de tonalité aiguë et peuvent être bilatéraux.

L'hypoacousie est bilatérale et habituellement à peu près symétrique. Elle touche préférentiellement, au moins au début, les fréquences auditives élevées (aiguës). La courbe audiométrique présente une forme particulière (encoche en "cuiller"), évocatrice, qui persiste tout au long de l'évolution de l'affection.

L'hypoacousie n'est perçue par les sujets qu'à un stade avancé. Les examens complémentaires (audiogramme) permettent son dépistage à un stade précoce, asymptomatique.

Diagnostic

En l'absence, ou en présence de symptômes, le diagnostic positif d'hypoacousie est réalisé par l'évaluation du seuil auditif au cours d'une audiométrie.

Le diagnostic différentiel devra éliminer les surdités de transmission qui ont des caractéristiques propres à l'audiométrie et les surdités de perception d'autres origines.

Le diagnostic étiologique repose également sur l'absence d'atteinte de l'oreille interne d'autres causes (héréditaire, infectieuse, inflammatoire, traumatique, dégénérative...). Ce diagnostic peut, éventuellement, nécessiter d'autres examens complémentaires.

Evolution

L'hypoacousie par traumatisme sonore chronique est irréversible. Elle ne s'aggrave pas après cessation de l'exposition aux bruits lésionnels.

Le déficit auditif va cependant s'aggraver physiologiquement avec l'âge (phénomène de presbyacousie).

Traitement

Il n'existe pas de traitement spécifique, les lésions de l'oreille interne par traumatisme sonore chronique étant irréversibles. En cas de symptômes associés (acouphènes), le traitement est symptomatique. Le traitement ne peut être que préventif, par diminution de l'exposition au risque (prévention technique et/ou protection individuelle).

En cas de déficit auditif important, un appareillage par prothèse auditive est possible. Les mesures de prévention devraient permettre de ne jamais arriver à ce stade.

Facteurs de risque

Facteurs individuels

Il existe une sensibilité individuelle de l'oreille aux bruits lésionnels. Cette sensibilité peut être estimée au cours du suivi audiométrique professionnel.

Il existe également une fragilisation de l'oreille, par des pathologies antérieures ou intercurrentes.

Estimation théorique du risque en fonction de l'exposition

Le bruit est considéré comme nocif au niveau de l'oreille interne, à partir d'un niveau sonore quotidien de 85 dB(A) pendant une carrière professionnelle, ou un niveau de pression acoustique de crête de 135 dB. Compte tenu de la nature logarithmique du décibel, cette durée d'exposition diminue rapidement lorsque l'intensité du bruit augmente.

La réglementation française a fixé les valeurs d'exposition inférieures déclenchant l'action, respectivement à 80 dB(A) et 135 dB(C).

Il existe des normes AFNOR, indiquant la distribution statistique des seuils d'audition en fonction de l'âge (NF S 31-082), ou estimant le déficit auditif induit par le bruit, de populations exposées en milieu professionnel (NF S 31-013).